Atteindre un objectif financier tout en maîtrisant son impact environnemental peut représenter un véritable défi. Aujourd’hui, cependant, un nombre croissant d’entreprises mettent en œuvre une approche de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Ces initiatives peuvent être plus ou moins ambitieuses, mais toutes partent du même essentiel : le Corporate Carbon Balance.

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Les fondamentaux de l’empreinte carbone dans les entreprises
Le contexte
En France, les premiers bilans carbone sont apparus dans les années 1990. À l’époque, la question de la dépendance énergétique prenait de l’ampleur. Les entreprises françaises ont alors cherché à mieux cerner leur vulnérabilité face aux combustibles fossiles. Cette démarche visait à donner aux décideurs les clés pour appréhender l’exposition de leur structure au « risque climatique ».
Mais c’est la Loi de transition pour la croissance verte et le Code de l’environnement qui ont posé les bases d’une stratégie nationale à faible émission de carbone, le fameux label bas carbone. Cette feuille de route trace la direction à suivre pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, avec deux objectifs majeurs :
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- Atteindre la neutralité carbone collective d’ici 2050 ;
- Réduire l’empreinte carbone de notre consommation.

Qu’est-ce qu’un bilan carbone d’entreprise ?
Comme l’explique l’ADEME, l’empreinte carbone d’une entreprise est un outil de diagnostic. Il permet d’évaluer les émissions, directes et indirectes, de gaz à effet de serre générées par l’ensemble de ses activités. Ces émissions sont exprimées en équivalent dioxyde de carbone (CO2e). Lorsqu’une obligation légale existe, on parle aussi de bilan réglementaire des GES.
💡 Pour simplifier, tous les gaz à effet de serre sont convertis en équivalent CO2 : cela permet d’harmoniser les calculs et de comparer les impacts sur le climat.
Si le principe paraît simple, la réalité est souvent plus complexe : choisir le bon cadre, recueillir les données pertinentes, comprendre la méthodologie… C’est là que les difficultés apparaissent.
Quel champ d’application considérer ?
Deux périmètres sont à définir.
D’abord, le périmètre organisationnel : il englobe toutes les installations que votre entreprise possède, gère ou auxquelles elle participe. Chaque site peut générer ou absorber des gaz à effet de serre.
Ensuite, il faut cerner le périmètre opérationnel. On y recense les différentes sources d’émissions de CO2 à analyser dans le bilan. Ces postes se répartissent en trois grands groupes : Scope 1, Scope 2 et Scope 3.
Comment distinguer ces périmètres ?
Scope 1 : Il s’agit ici des émissions directes, celles liées à l’activité même de l’entreprise, par exemple, la combustion de carburant pour fabriquer un produit ou délivrer un service.
Scope 2 : Cette catégorie regroupe les émissions indirectes liées à la production d’énergie (électricité ou chaleur). L’entreprise consomme de l’énergie, et c’est la production de cette énergie, non sa consommation en elle-même, qui est prise en compte. Exemple : l’électricité qui alimente une ligne de production.
Scope 3 : Le spectre s’élargit. Ce scope inclut toutes les autres émissions indirectes : transport de marchandises, usage final par les clients, gestion des déchets, etc. On s’intéresse à l’ensemble de la chaîne de valeur.

Quels gaz à effet de serre mesurer ?
Le CO2 occupe le devant de la scène, mais il n’est pas seul. Cinq autres gaz à effet de serre doivent être mesurés dans l’empreinte carbone d’une entreprise :
| Principales origines | |
|---|---|
| ✅ Dioxyde de carbone (CO2) | – Combustion d’énergies fossiles, agriculture intensive, déforestation |
| ✅ Méthane (CH4) | – Élevage de bovins et ruminants |
| ✅ Hydrofluorocarbures (HFC) | – Exploitations minières et pétrolières, décharges |
| ✅ Protoxyde d’azote (N2O) | – Industries du froid, secteur automobile |
| ✅ Perfluorocarbones (PFC) | – Systèmes de réfrigération, extincteurs |
| ✅ Hexafluorure de soufre (SF6) | – Industrie pharmaceutique |
Comment calculer les émissions de CO2 dans un bilan carbone d’entreprise ?
L’ADEME et ses homologues à l’international s’appuient sur deux grandes méthodes : les facteurs d’émission physiques et monétaires.
Calcul à partir de données physiques
Dès que possible, on privilégie le calcul basé sur des facteurs physiques :
Quantité de GES = quantité utilisée x facteur d’émission physique
La quantité consommée s’exprime dans l’unité adaptée (litres d’essence, m2 de surface, kg de matière première…).
Le facteur d’émission physique indique la masse de CO2 émise par unité consommée. Exemple : pour le transport maritime par ferry, l’un des plus polluants, chaque kilomètre parcouru génère en moyenne 5 kg de CO2.
Calcul à partir de ratios monétaires
Si les données physiques manquent, on utilise un facteur monétaire, exprimé en kgCO2e/k€ HT. Ce mode de calcul estime le CO2 généré à partir de la dépense financière.
Quantité de GES = prix x facteur monétaire

Pour certains achats (contrats d’énergie, électricité, gaz…), les facteurs physiques restent préférables (par exemple, par kWh).
Pour d’autres (comme certains achats de services), il faudra s’appuyer sur des ratios monétaires, notamment via des outils de comptabilité.
💡 L’ADEME précise que les ratios monétaires sont moins précis, mais ils facilitent le calcul pour de nombreux postes de dépenses.
Pourquoi réaliser un bilan carbone d’entreprise ?
Obtenir un bilan carbone certifié s’inscrit souvent dans un engagement plus large : démarche RSE, ambition de développement durable, recherche d’impact positif. Si la lutte contre le changement climatique motive de nombreux acteurs, chaque structure avance avec ses propres objectifs.
⭐ Valoriser son image de marque
Une entreprise qui agit, publie chaque année son bilan et met en œuvre un plan d’action visible, gagne en crédibilité. Elle dispose de données chiffrées, d’analyses tangibles, et peut expliquer son engagement environnemental à l’ensemble de ses partenaires.
Souvent, une réputation renforcée se traduit aussi sur le plan commercial : les consommateurs comme les clients sont de plus en plus nombreux à privilégier les produits ou services issus d’une entreprise engagée.
💪 Créer un avantage concurrentiel
Le bilan carbone d’entreprise s’avère aussi être un levier puissant pour se démarquer sur son marché. Clients, partenaires, investisseurs, tous prêtent attention à la performance environnementale. Les exigences extra-financières (DPEF) montent en puissance.
La dynamique s’étend : collectivités, associations, PME, ETI et startups s’emparent de l’enjeu. Plusieurs entreprises témoignent de leur engagement en obtenant des labels reconnus. Prenons l’exemple de la start-up Shine, devenue B-Corp en 2019 après son premier bilan carbone. Cette certification salue une analyse approfondie de la gouvernance, des produits, des employés, de la communauté et des clients.
👩⚖ Anticiper les obligations réglementaires
En France, certaines structures sont déjà tenues de réaliser un bilan carbone :
- Entreprises de plus de 500 salariés (ou plus de 250 en outre-mer)
- Collectivités de plus de 50 000 habitants
- Établissements publics et services employant plus de 250 agents
💡 L’étau pourrait se resserrer, poussant toutes les entreprises à fixer des objectifs de réduction ambitieux, cohérents avec la SNBC qui vise une division par cinq des émissions d’ici 2050.

La Convention citoyenne pour le climat recommande d’intégrer le bilan carbone dans la comptabilité des entreprises, et de prévoir des rapports annuels sur les émissions de GES. Elle évoque aussi la possibilité de sanctions liées au chiffre d’affaires, ou de moduler les aides publiques selon les progrès accomplis. L’enjeu monte d’un cran.
👨🎓 Valoriser la marque employeur
Une étude Golden Bees révèle que la génération du millénaire accorde une grande importance aux valeurs de l’entreprise lors de la recherche d’un emploi. D’après Opinion Way, 95 % des jeunes de la génération Z souhaitent du sens dans leur travail.
« Un millénial sur trois affirme s’investir davantage quand son employeur adopte une démarche responsable et durable. »
Plus étonnant encore : 57 % des étudiants accepteraient un poste moins bien rémunéré s’il est aligné avec leurs convictions, avec un intérêt marqué pour l’économie sociale et solidaire et les ONG.
💸 Dépenser moins, dépenser mieux
Sur le plan économique, réduire les émissions de GES rime souvent avec optimisation des coûts et hausse de la qualité des offres.
Concrètement, cela passe par une consommation d’énergie plus sobre, synonyme de factures allégées pour l’électricité, le gaz ou le chauffage.
Les choix d’approvisionnement peuvent aussi être revus : plus de recyclage, évolution des politiques de transport, logistique repensée… Beaucoup d’axes à explorer.
🖐 À noter : des subventions existent pour accompagner la gestion de son empreinte carbone. Le tremplin pour la transition écologique prend en charge jusqu’à 80 % du coût d’un bilan, dans la limite de 5000 € pour les TPE et PME.
🔍 Prendre du recul
Comme tout audit ou étude, le bilan carbone offre une vue d’ensemble sur la structure. Ce recul peut ouvrir la porte à de nouveaux axes de développement : pourquoi tel choix ? Que changer pour mieux faire ?
💡 L’analyse des données carbone donne le niveau de détail nécessaire pour mesurer l’impact réel et s’engager sur la réduction des émissions, directes comme indirectes.
Comparer ses résultats avec ceux de la concurrence peut aussi inciter à revoir ses pratiques. Si un concurrent fait mieux, quelles pistes explorer ?
Enfin, la démarche invite à revisiter la mission de l’entreprise. Quelles valeurs ? Quelle utilité sociale ou environnementale ? Faut-il évoluer vers le statut de société à mission ? Comment inscrire de nouveaux objectifs dans la culture et les opérations ?

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Comment réaliser un bilan carbone d’entreprise ?
Convaincu de la portée de la démarche ? Avant de passer à l’action, commencez par situer votre cas :
1. Aucun budget dédié
Outre les publications de l’ADEME ou de l’Association Bilan Carbone, il existe désormais des outils en ligne gratuits pour obtenir une première estimation de son empreinte. Cela permet déjà d’identifier les postes d’émissions majeurs liés à l’activité.
En revanche, cette méthode ne suffit pas pour obtenir une certification officielle. Or, celle-ci est incontournable pour structurer une démarche environnementale solide et la partager avec ses parties prenantes.
2. Pas d’expert interne en bilan carbone

Pour viser une certification, il est recommandé de s’appuyer sur des professionnels formés à la méthode reconnue par l’Association Bilan Carbone.
Si vous disposez de temps et d’un membre d’équipe certifié, il reste possible de piloter le bilan en interne. Mais, bien souvent, solliciter un tiers de confiance s’avère plus sûr et plus efficace.
3. Besoin d’un accompagnement sur mesure
Vous souhaitez aller plus loin, définir une trajectoire ambitieuse, bénéficier d’une analyse prospective, ou d’un reporting affiné ?
Plusieurs cabinets de conseil spécialisés, comme Carbone4 (fondé par Jean-Marc Jancovici) ou Utopies (précurseur B-Corp en France), proposent des accompagnements complets. Ce service a un coût, qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros selon l’ampleur de la mission.
4. À la recherche d’un outil simple et efficace
?
L’interface Carbo, pensée pour les startups et PME, simplifie grandement la démarche. Aujourd’hui, l’accès aux bases de données de référence est facilité, et les API permettent des échanges sécurisés et rapides.
Il devient bien plus simple et rapide de suivre son impact carbone directement en ligne, sans bagage technique particulier.
💡 Si vous cherchez une solution web éducative, abordable et robuste, la plateforme Carbo mérite le détour.
Bilan carbone des entreprises : pourquoi choisir Carbo
Carbo propose une solution SaaS pour piloter, améliorer et communiquer son bilan carbone, en facilitant la collaboration :
- En interne : pour mobiliser les équipes et simplifier la collecte des données
- En externe : pour récupérer automatiquement les données des fournisseurs et affiner son profil carbone
🧘♀ Simplicité au rendez-vous
Fini les tableurs interminables : Carbo rend la collecte de données plus fluide, collaborative et même ludique.

Aperçu de la publication d’une empreinte carbone certifiée sur Carbo
💪 Robustesse garantie
Carbo exploite des bases de données fiables (Ademe, Banque mondiale, Commission européenne). Son algorithme évolue en continu grâce à l’analyse des pratiques de milliers de membres engagés.
🐣 Un outil pédagogique
La Carbo Academy guide les utilisateurs à chaque étape, avec des explications claires, des valeurs de référence et des conseils pour gagner du temps. L’engagement climatique devient accessible à tous.
💸 Un coût maîtrisé
Carbo n’est pas un cabinet de conseil, et la solution est pensée pour ceux qui n’appartiennent pas (encore) au CAC40.
Si ?

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L’empreinte carbone des entreprises : l’exemple Alan
Pour illustrer la démarche, rien de tel qu’un cas concret.
Exemple : Alan, « une assurance santé qui simplifie la vie ». La start-up a profité du début d’année pour dresser un bilan carbone complet sur ses activités en France, Espagne et Belgique. Cinq enseignements en ont émergé :
- L’impact du numérique est significatif (20 % du total), mais ne domine pas le bilan ;
- La moitié des émissions provient de prestataires ou d’intermédiaires, sur lesquels Alan n’a qu’un contrôle indirect. L’engagement des partenaires devient alors crucial ;
- Le marketing digital pèse lourd : près de 20 % des émissions totales, en particulier à travers les campagnes e-mailing ;
- Les bureaux n’expliquent que 13 % du total, sans compter le télétravail à domicile ;
- Les déplacements professionnels ont un impact marginal (moins de 1 %), notamment en raison des restrictions sanitaires de 2020.

Le certificat de bilan carbone 2020 pour Alan
Autre point marquant : Alan a choisi la transparence totale. Sa page de profil carbone publique détaille la méthodologie, les sources, les limites de certains calculs et traduit les résultats en équivalents parlants pour tous. Une démarche pédagogique qui force le respect !
💡 Pour approfondir, consultez le témoignage complet d’Alan.
Réduire son empreinte écologique : par où commencer ?
Selon l’activité, réduire sensiblement l’intensité carbone d’une entreprise demande du temps et oblige à revoir certains fonctionnements, achats, déplacements, gestion des déchets, etc.
Mettre en place des actions concrètes
Voici quelques gestes à adopter pour limiter son impact :
| AXES | EXEMPLE |
|---|---|
| Favoriser la sobriété énergétique | Éteindre systématiquement les équipements inutilisés |
| Améliorer l’efficacité énergétique | Choisir des bâtiments à faible consommation |
| Optimiser les achats | S’équiper en matériel informatique reconditionné |
| Mieux gérer les déchets | Limiter les emballages pour les plats à emporter |
| Choisir un fournisseur d’énergie responsable | Souscrire à une offre « 100 % renouvelable », comme celle d’eKwateur |
| Favoriser le télétravail | Encourager la visioconférence pour limiter les trajets domicile-bureau |
| Réduire l’empreinte numérique | Opter pour un hébergement web vert et un moteur de recherche éco-conçu |
Contribuer à la neutralité carbone collective
Réduire les émissions directes reste la meilleure arme contre le réchauffement climatique.
Mais atteindre les objectifs de l’accord de Paris prendra du temps. En parallèle, il est possible de contribuer à la séquestration indirecte du CO2, par exemple à travers des projets de reboisement ou d’agroforesterie, en collaboration avec les communautés locales.
💡 La notion de « compensation carbone » suscite parfois des malentendus. On ne gomme pas une émission en achetant un crédit, mais on peut participer activement à la neutralité carbone collective.
Pour compenser son empreinte, le reboisement et l’agroforesterie restent les projets phares, en France comme à l’international.
Prendre conscience, agir
Les ambitions fixées par la SNBC n’ont de sens qu’adossées à une mobilisation collective. Quelques pistes pour avancer :
| ✅ | Réaliser et publier le bilan des émissions de GES |
| ✅ | Définir un plan d’action précis pour réduire les émissions |
| ✅ | Soutenir des projets labellisés de neutralité carbone |
| ✅ | Privilégier les initiatives locales à fort impact social |
| ✅ | Adopter une communication responsable sur sa démarche |
Au-delà de leur impact direct, ces pratiques offrent un signal fort : chaque entreprise qui s’engage trace la voie pour les suivantes. L’histoire ne s’arrêtera pas là.

