Le taux d’accroissement naturel est l’écart entre le taux de natalité et le taux de mortalité d’une population sur une année. Il s’exprime en général pour 1 000 habitants et ne tient pas compte des migrations. Cet article donne la formule, un calcul complet sur les chiffres de la France en 2025 et la manière de lire un résultat positif, faible ou négatif.
Ce que mesure le taux d’accroissement naturel
L’accroissement naturel est la part de la variation d’une population due à la balance des naissances et des décès. Les naissances moins les décès donnent le solde naturel, un nombre de personnes.
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Le taux d’accroissement naturel rapporte ce solde à la population moyenne de l’année. Il devient ainsi comparable d’un pays à l’autre, quelle que soit leur taille. Positif, il indique que les naissances dépassent les décès ; négatif, c’est l’inverse.
La formule du taux d’accroissement naturel
Deux écritures donnent le même résultat :
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- (naissances – décès) / population moyenne x 1 000 ;
- taux de natalité – taux de mortalité, chacun exprimé pour 1 000 habitants.
La population moyenne est la moyenne des populations au 1er janvier de deux années successives. Le résultat est en pour mille ; pour obtenir un pourcentage, on le divise par 10. Un taux de 5 pour mille correspond donc à 0,5 %.

Exemple de calcul pas à pas avec les chiffres de la France
Les chiffres provisoires du bilan démographique 2025 de l’Insee comptent 645 000 naissances et 651 000 décès en France. Les nouveau-nés de ces années portent des prénoms variés, comme le montre la page sur les prénoms les plus donnés aux nouveau-nés, mais seul leur nombre compte ici.
Le calcul se déroule en quatre étapes :
- solde naturel : 645 000 – 651 000 = -6 000 personnes ;
- population moyenne : (68 852 000 au 1er janvier 2025 + 69 082 000 au 1er janvier 2026) / 2 = 68 967 000 habitants ;
- taux de natalité : 645 000 / 68 967 000 x 1 000, soit environ 9,35 pour mille, et taux de mortalité d’environ 9,44 pour mille ;
- taux d’accroissement naturel : -6 000 / 68 967 000 x 1 000, soit environ -0,09 pour mille, ou -0,009 %.
La France connaît ainsi un solde naturel négatif pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, selon l’Insee. Le taux reste très proche de zéro : naissances et décès s’équilibrent presque.
Accroissement naturel, solde migratoire et croissance totale
La variation totale d’une population additionne le solde naturel et le solde migratoire, c’est-à-dire les entrées moins les sorties du territoire. Le taux de croissance total inclut donc les migrations, ce que le taux d’accroissement naturel exclut.
En France en 2025, l’Insee estime le solde migratoire à +176 000 personnes, avec 60 000 d’ajustements statistiques. La population gagne ainsi 230 000 habitants (-6 000 + 176 000 + 60 000) alors que le solde naturel est négatif.
Un pays peut donc se peupler grâce aux arrivées tout en comptant plus de décès que de naissances, et inversement. Pour une vue d’ensemble des facteurs qui font varier la croissance d’une population, la page dédiée détaille les autres leviers. Un solde migratoire négatif signifie que plus de personnes quittent le territoire qu’il n’en arrive.
Lire un taux positif, faible ou négatif
Un taux positif signifie que la population augmente sans apport extérieur. Plus il est élevé, plus la croissance est rapide, et on estime grossièrement le temps de doublement d’une population en divisant 70 par le taux exprimé en pourcentage : à 1 % par an, une population double en 70 ans environ, si le taux reste constant.

Un taux proche de zéro, comme celui de la France en 2025, indique une population qui ne se renouvelle plus que par les migrations. Un taux négatif signale une population qui diminue d’elle-même. C’est le cas du Japon, cité parmi les exemples les plus connus de taux d’accroissement naturel négatif.
À l’inverse, les pays à forte natalité, notamment en Afrique, affichent des taux nettement positifs. Le taux d’un pays évolue lentement, car il dépend de la structure par âge de sa population autant que des choix des ménages.
Ce qu’un taux faible change pour un pays
Quand les naissances ne remplacent plus les décès, la population vieillit : la part des personnes âgées augmente par rapport à celle des actifs. Le nombre de cotisants par retraité diminue, ce qui pèse sur le financement des retraites et des dépenses de santé.
Ce déséquilibre se retrouve dans le calcul des droits individuels : pour comprendre comment une pension se construit, la page sur le calcul de la pension de retraite montre un exemple concret.
Le taux d’accroissement naturel reste donc un indicateur à suivre année après année, avec les chiffres définitifs de l’Insee, qui révise souvent les estimations provisoires publiées en janvier.

